Comme si on y était !

On est parti le vendredi soir à 4, de Gignac, prêt de Montpellier.
Sur nos 2 covoitureurs-ses, un va aussi au Havre pour les mêmes raisons
que nous : fêter mon anniversaire se payer total.
Le trajet se passe bien jusqu'à Chartres où nous sommes sur la réserve
(je parle du réservoir de la voiture, pas de l'ambiance :), depuis un
petit moment. Là nous ne tombons que sur des stations fermées ou sans
gasoil. C'est un peu l'arroseur arrosé, on va au Havre pour bloquer la
raffinerie total et on a du mal à y arriver à cause du manque de
carburant ! On décide de dormir sur place dans la voiture et de chercher
une station dès 7h de mat pour avoir des chances d'être au Havre à 10h
au rendez vous à la gare. Comme il est déjà 3h30 du mat, la nuit est
courte, et entrecoupée. 7 h on reprend la route. On a de la chance et on
finit par trouver du gasoil, direction Le Havre. On arrive à 9h30, le
temps de boire un café, et on est pile à l'heure au rendez vous.

A la gare, il n'y a pas foule, et on craint un peu d'être monté de si
loin pour pas grand chose. Finalement le monde finit par arriver, à
pied, à cheval ou en vélo. On se retrouve entre 80
ou 100 (3 selon la police !), et le départ est donné. Ils cherchaient
des volontaires pour tenir la banderole, alors on s'y est collé. Mais il
se trouve que personne parmi nous ne connait le Havre, et on ne
connait pas le parcours :). Ca promet ! On arrive tant bien que mal à
aller là où c'est prévu avec les conseils des uns et des autres. Le long
du parcours, les voitures sont arrêtées, et les pubs démontées pour
être remplacées par des affiches moins consuméristes, il y a quelques
exemples sur les photos. On se sert de la banderole pour masquer ceux qui
agissent, mais les photographes sont très présents tout de même, j'espère qu'ils flouteront les photos. On se pose devant la mairie où
les jardiniers entreprennent de remplacer la pelouse locale par des
semences plus diverses afin d'améliorer la biodiversité locale. Les robocops gendarmes
ne sont pas du même avis et font barrage en laissant une bande de 2 mètres
au delà de laquelle il est impossible d'aller. Pendant ce temps on va
accrocher notre banderole aux grilles de la maire. Surprise, d'autres
sont monté à l'étage et tendent aussi des banderoles au balcon, c'est du
meilleur effet :)

La police est très présente : hommes à pied, 2 voitures, 2 motos, et
il me semble 2 fourgons. On risque rien, c'est bien de se sentir autant
en sécurité :)
Après la mairie on retourne direction la gare, en chemin on aperçoit
un camion publicitaire, son compte est bon, petit cafouillage à proximité
du medef, certains veulent y aller, d'autre pas, on avance, on recule,
comment veux tu... Finalement pas de medef, ce seront les panneaux de pub
qui en seront pour leur frais, dont un très beau, Decaux, trop haut
pour être ré habillé, mais il sera neutralisé par le bas :) (colosse aux
pieds d'argile...)
On va ensuite au commissariat déposer plainte contre Total. C'est
l'armée des clowns qui s'en charge, mais la plainte ne sera pas acceptée
par la maréchaussée. Je pensais pourtant que les forces de police
avaient pour rôle de défendre les citoyens contre l'insécurité, je tombe
de haut ! Le discours sécuritaire ne serait il qu'un leurre ? Un doute
me ronge... Nous aurait on menti ?
Qu'à cela ne tienne, il est tard et c'est l'heure d'aller manger.
Retour à la gare. On doit rejoindre Harfleur, lieu de rendez vous pour
le pique nique, juste à côté de la raffinerie. Petit cafouillage, les robocops gendarmes bloquent l'entrée de la gare et ne veulent pas nous laisser passer,
on se rabat sur les bus, mais on est à peine monté qu'on nous signale
que quelqu'un à des billets en nombre (un gars qui à pu rentrer dans la
gare et prendre plusieurs carnets), on redescend aussi sec du bus,
direction la gare où on peu passer le barrage en montrant nos tickets, la SNCF peut dormir tranquille, la maréchaussée veille à la défense de ses intérêts :)

Harfleur, on se dirige vers Gonfreville, et sa raffinerie. Le pique
nique se fait au bord de l'eau, et la pluie commence à arriver, petites
averses. On à un petit rappel sur les consignes de sécurité au cas où on
arrive à rentrer. L'objectif et d'aller appuyer sur les arrêts de
sécurité pour arrêter l'activité de la raffinerie, mais c'est plus
symbolique qu'autre chose je pense vu que les salariés en grève bloquent
déjà tout. Quand on arrive à l'entrée il y a un joli comité d'accueil,
tout de bleu vêtu. Le groupe s'avance jusqu'au contact, il y a un moment
de friction un peu intense, quelques matraques volent, un gars en vélo
est attrapé par les robocops gendarmes, et évacué derrière les camions. Encore un moment de tension entre le groupe et les robocops gendarmes, puis le gars est évacué, et les choses se calment. Commence alors une longue attente où chacun reste sur ses positions. Les clowns jouent un rôle très important en dédramatisant le moment, et apportent un peu de sourire. La pluie tombe en averses. On apprend que des vélos ont pu rentrer et sont bloqués à l'intérieur. Certains se concertent pour essayer de rentrer en faisant diversion, mais rien n'aboutira, malgré une magnifique partie de "1-2-3-soleil" ! Les clowns jouent avec les robocops gendarmes en simulant une tentative de contournement qui se termine par un pose pipi contre la clotûre :)

Finalement les vélos reviennent, encadrés comme il se doit. La décision est prise de lever le camp et d'aller devant le commissariat en soutien pour celui qui s'est fait embarquer. Les effectifs se sont un peu clairsemé. On apprend qu'il à été mis en garde à vue, et ne sortira que plus tard.
On reste un peu puis on décide de laisser le groupe et de rentrer, le trajet, la nuit de 2 heures, et la journée chargée on laissé des traces.